Les
adolescents sont souvent confrontés à une multitude
de sollicitations physiques : cours d’EPS, compétitions
avec l’association sportive de l’établissement
scolaire pour certains, entraînements dans un, quelquefois
deux clubs sportifs, activités physiques de loisir
(skate, foot, VTT, etc). Ces activités s’additionnent
tout au long de la semaine et se cumulent parfois dans une
même journée. L’entraîneur doit donc
composer avec cet environnement pour éviter aux jeunes
qui lui sont confiés de se retrouver rapidement exposés
aux phénomènes de surentraînement dont
nous avons largement parlé dans le numéro 4
de la revue SSPP. Une évidence, me direz-vous ? Pas
pour tout le monde.
Nous avons récemment, lors de nos tests, mis en évidence
un cas de surentraînement qui aurait pu devenir grave.
Un premier test de VMA avec enregistrement de la fréquence
cardiaque avait déjà révélé
une valeur maximale à 230 pulsations minute et des
difficultés anormales de récupération
(encore 125 pulsations 40 minutes après l’effort).
Pensant que des erreurs d’enregistrement étaient
toujours possibles, nous avons fait de nouvelles mesures lors
d’une compétition, même résultats
: valeur maximale à 232 pulsations, difficultés
de récupération et performance médiocre.
Au-delà des signes classiques de surentraînement,
il était urgent d’approfondir les investigations
pour comprendre l’origine du problème.
En fait, cette adolescente s’entraînait dans deux
sports différents avec un total de 5 x 2 heures d’entraînement
hebdomadaire plus les compétitions le week-end et les
cours d’EPS. C’est déjà beaucoup,
mais pas forcément exceptionnel.
Mais nous avons appris que certains jours, il y avait un premier
entraînement de 18h à 20h où elle faisait
du physique, puis de 20h à 22h une autre séance
avec un autre entraîneur où elle refaisait du
physique, puis le lendemain une nouvelle séance de
physique avec un troisième entraîneur ! Comment,
dans ces conditions, encaisser un tel programme ?
Comme nous avons déjà eu l’occasion de
le souligner, la récupération est un élément
incontournable des processus d’adaptations inhérents
à l’entraînement. L’articulation
des séances et la planification du travail ne prennent
de sens que si chaque unité d’entraînement
est envisagée en rapport avec ce qui précède
et ce qui va suivre. Pour cela, le dialogue entre les différents
acteurs de l’engagement sportif d’un individu
s’avère indispensable.
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