Extraits
de l’article de Damien DAVENNE UFR STAPS de Caen In
« Les cahiers de l’INSEP n° 27,
Sport de haut niveau et récupération »
Le sommeil est composé de différents stades
aux caractéristiques bien spécifiques :
le sommeil lent(SL), composé lui même de 4
stades dont le premier correspond à l’endormissement
(SL1), suivi de 3
autres stades de sommeil lent de plus en plus profonds (
SL2. SL3. SL4) .
Les stades SL3 et SL4 sont appelés stades de sommeil
lent profond. Ils représentent chez un jeune sportif
20% à 25%
d’une nuit de sommeil.
le sommeil lent est suivi d’un deuxième type
appelé sommeil paradoxal (SP) . Il représente
25% du sommeil total, c’est le
sommeil des rêves. La succession sommeil lent- sommeil
paradoxal forme un cycle qui dure environ 90 minutes qui
se
reproduit 5 à 6 fois au cours de la nuit.
Des études de chronobiologie ont montré que
les périodes les plus favorables à l’endormissement
se situaient généralement sur
la période nocturne de 23h a 7h et l’après
midi aux alentours de 13h.(sieste).Les périodes de
10h à 11h 30 et de 17h à 20h sont
propices à l’activité physique ou intellectuelle.
Il a également été mis en évidence
que l’heure du coucher influence de façon
déterminante la qualité et la quantité
de sommeil produit. Le sommeil de début de nuit est
composé essentiellement de sommeil
lent profond, tout comme celui de la sieste, alors que celui
du matin est très riche en sommeil paradoxal. Cela
veut dire que si
nous nous couchons plus tard que d’habitude, non seulement
notre sommeil sera plus court, mais surtout nous dormirons
moins
de sommeil lent profond. Deux facteurs qui feront que le
sommeil sera moins efficace en terme de récupération.
Bien qu’il existe de gros et de petits dormeurs,
des dormeurs dits du matin et d’autres du soir, les
besoins sont en moyenne
de 8 heures par nuit.
On sait aussi que l’activité physique pratiquée
dans la journée a sur le sommeil des répercutions
importantes.
Généralement elle améliore considérablement
la profondeur du sommeil, notamment au début de la
nuit. Mais si l’activité est
pratiquée trop tard, l’endormissement sera
différé et la qualité du sommeil diminuée
par les hormones sécrétées pendant
l'effort,
car l’organisme met plusieurs heures à les
éliminer.
L’ environnement, le bruit, la lumière, la
chaleur, le stress sont autant d’éléments
qui peuvent perturber l’endormissement.
La nutrition a aussi un rôle non négligeable.
Il a été montré qu’une alimentation
riche en protéines a pour effet de diminuer la
durée totale du sommeil et de favoriser le sommeil
paradoxal, alors qu’au contraire une alimentation
riche en glucides permet
d’augmenter cette durée totale et surtout de
favoriser le sommeil lent profond et la sécrétion
d’hormone de croissance.
Une telle alimentation favorisera donc le sommeil réparateur.
Le sommeil : repos idéal ?
Pour le démontrer, il faut établir que le
sommeil est plus efficace qu’un simple repos obtenu
en s’allongeant et en se relaxant.
Nous avons aujourd’hui assez d’arguments pour
lui attribuer un rôle dans la récupération
, aussi bien celle des cellules nerveuses
que de l’organisme tout entier. Ces propriétés
sont surtout attribuées au sommeil lent profond pour
les raisons qui suivent.
Tout d’abord, c’est seulement durant ce type
de sommeil qu’on observe une circulation importante
d’hormone de croissance.
Celle ci joue un rôle prépondérant dans
la récupération, en stimulant la fabrication
de tissu cellulaire pour la reconstruction des
tissus musculaires. Les taux nocturnes d’hormone de
croissance sont considérablement plus importants
que pendant la journée,
même ceux produits au cours d’un exercice physique
intense.
Deuxième élément en faveur des effets
réparateurs du sommeil lent profond : il entraîne
une diminution de l’excitabilité des
cellules du cerveau et par là même des systèmes
qui commandent l’activité musculaire, ce qui
a pour conséquence une relaxation
générale et complète de tous les muscles.
Les principaux bénéficiaires sont les muscles
impliqués dans le maintien du tonus
postural qui n’ont pas d’autres occasions de
se relâcher ainsi totalement, mais aussi ceux qui
ont travaillé durant la période de
veille précédente. Cette inactivité
des cellules musculaires est nécessaire pour leur
régénération. Elle est très
efficace pour
reconstituer les stocks énergétiques en réduisant
la consommation globale. Indirectement, on constate une
diminution de la
température du corps et du cerveau, au niveau le
plus favorable pour le bon fonctionnement de la synthèse
protéique.
Enfin, l’inactivité cellulaire permet une élimination
plus rapide des toxines et autres déchets, particulièrement
dans les systèmes
cardio-vasculaire, respiratoire et glandulaire.
De plus, le sommeil lent profond joue un rôle important
dans la stimulation des systèmes de défense
immunitaire. Ce point est
particulièrement important pour le sportif car son
système de défense immunitaire est souvent
déprimé par l’activité physique
intense, ce qui le rend très vulnérable aux
infections.
Toutes ces conditions font qu’un sportif qui dort
en sommeil lent profond se trouve dans une situation optimale
pour éliminer
toutes les formes de fatigue, nerveuse ou physique.