La préparation physique n'est pas toujours
bien vécue, tant du point de vue de la charge
d'entraînement que de la relation entraîneur-sportif (La
notion de relation entraîneur-sportif est
plus large que celle de relation pédagogique).
Quelles caractéristiques donner aux relations
entraîneur-sportif pour faire émerger
l'excellence en préservant l'intégrité mentale ?
Importance de la prise en main
Cette rencontre entre l'entraîneur et le sportif
permet d'ajuster leur relation. La qualité de
la prise en main conditionne pour partie la suite
de cette relation :
trop rigide, elle focalise l'attention
sur les statuts et les rôles plus que sur les
tâches et les enjeux,
trop laxiste, elle laisse penser que
tout est possible y compris les comportements excessifs.
Chaque saison sportive et chaque séance commencent
par une prise en main. Chaque nouvel exercice doit être
amorcé par une re-prise en main.
Stimulantes.
Il s'agit, pour un même effet recherché par
l'entraîneur, de diversifier les exercices
en faisant varier les situations d'exercice, les
tâches que le sportif doit réaliser
et les buts qu'il doit atteindre.
L'aménagement de l'environnement et les consignes
verbales sont des outils pédagogiques à utiliser
sans modération. La démonstration sera
utilisée de façon plus modérée (1).
Le niveau de difficulté des tâches devra être
suffisamment élevé pour poser un nouveau
problème au sportif, mais pas trop élevé pour
que le sportif puisse finir par réussir :
les psychologues parlent de difficulté optimale ou
de " délicieuse incertitude" .
Rassurantes.
Informer, c'est réduire l'incertitude, donc
abaisser l'anxiété. Pour rassurer le
sportif, l'entraîneur doit l'informer, par
un discours optimiste, sur les tâches à réaliser
puis, sur son activité.
Ceci vise à :
induire, chez le sportif, des expectations (Représentation
mentale des possibilités de réussir)
positives avant de réaliser une tâche,
à informer le sportif, après
plusieurs essais ou répétions, des
variables qui ont été bien contrôlées
et celles qui doivent être mieux contrôlées.
Le sportif rassuré peut mieux alors se concentrer
sur les tâches.
Valorisantes.
Les remarques désobligeantes voire humiliantes
et autres jeux de mise en boite sont des formes de " dressage
humain ", mais certainement pas d'éducation à l'autonomie.
On obtient des résultats meilleurs et durables
avec des feed-back positifs mais réalistes,
ponctués par l'évocation non-dramatique
de quelques points à améliorer ainsi
que des pistes ou des moyens (techniques, matériels
ou intellectuels) pour les améliorer.
Collaboratives.
Les exemples de management, connus de certains milieux,
inspirent encore de nombreux entraîneurs et
sportifs qui ne conçoivent plus la relation
pédagogique que sous la "forme" domination-soumission.
Cette conception " préhistorique " des
relations humaines ferment les perspectives d'évolution
et d'épanouissement : Personne n'en
sort grandi. On ne peut plus s'étonner alors
que certains abandonnent leur pratique sportive pour
rechercher un environnement plus épanouissant.
Les relations de collaboration et de coopération
sont des alternatives aux relations de domination.
Ceci n'est possible qu'à conditions de partager
les responsabilités.
Conclusion
On ne peut pas nier :
le déséquilibre de la
relation entraîneur-sportif (détention
du savoir et du pouvoir, des droits et des devoirs),
la part de responsabilité du
sportif.
Pour autant, chaque interlocuteur
est responsable de la qualité de ses relations avec l'autre :
Les réactions immédiates sont souvent
les plus adoptées mais rarement les plus adaptées.
Dans la précipitation (communication du "tac
au tac"), on oublie qu'il existe une infinité de
réactions possibles ; les meilleures étant
le plus souvent différées car pensées,
construites et mieux contrôlées.
(1) Bien que l'imitation soit l'une des
principales formes d'apprentissage, la démonstration a des limites,
par exemple :
ce qui doit être repris n'est pas toujours visuel (proprioception...).
en proposant des solutions toutes faites, la démonstration
tend à inhiber la créativité.
il n'est pas toujours possible de démontrer (niveau de
pratique, âge).
Merci aux auteurs, dont R. ZIANE