Lors d'un colloque sur le développement de la force explosive qui s'est déroulé à Toulouse en novembre 2005, l'intervenant, le professeur Jacques DUCHATEAU, de l'université de BRUXELLES, interpellait les entraîneurs sur l'importance du choix des exercices de musculation pour obtenir les transferts de force les plus efficaces .
Force sur deux jambes contre force sur jambe isolée :
Des mesures ont en effet permis d'apprécier la force développée par différents sportifs lors de squats réalisés à deux jambes puis à une seule jambe , à droite et à gauche. Les résultats mettent en évidence des différences significatives en fonction de la spécialité sportive des individus. Ainsi les cyclistes et les athlètes obtiennent de meilleurs résultats lorsque l'on additionne les performances du squat jambe gauche et jambe droite par rapport au squat à deux jambes. A l'inverse, les haltérophiles obtiennent de meilleurs résultats au squat à deux jambes par rapport à l'addition squat jambe gauche et jambe droite.
On aura compris que la spécialité des uns a conduit à développer une compétence sur une seule jambe de façon alternative ou cyclique alors que pour les autres cette compétence s'est développée en simultané sur les deux jambes.
Choisir le squat le mieux adapté :
Dès lors on peut s'interroger sur l'efficacité des squats traditionnellement effectués à deux jambes lorsque l'on pratique un sport où la force doit être développée de façon alternative sur une seule jambe à la fois. La même question se pose pour les exercices de bondissements.
Le professeur DUCHATEAU pense que l'on aurait intérêt à préparer le transfert de force assez tôt dans la salle de musculation en proposant des exercices les plus spécifiques possible.
Ainsi les squats à une jambe seraient à un moment donné plus efficaces pour de nombreux sportifs et permettraient en outre de stimuler la stabilisation des articulations et de diminuer la charge au niveau des épaules.
Cette suggestion est d'autant plus séduisante qu'elle montre que l'efficacité du travail réalisé à l'entraînement ne passe pas par la plus grande quantité de travail possible, tout ceci contribuant par ailleurs à la prévention des blessures et la préservation du capital-santé des sportifs.