Les avis parfois divergents des praticiens
et la mise à jour de résultats de recherches
scientifiques se heurtent fréquemment à la
culture sportive et aux procédures empiriques élaborées
par l’homme de terrain. Il se trouve que la vérité
est loin d’être établie
au sujet de la place et de l’intérêt
des étirements dans la pratique du sport.
Des bénéfices ressentis mais non scientifiquement
démontrés aux connaissances avérées
en passant par les fausses croyances, essayons d’y
voir plus clair pour dégager quelques règles
de bon sens.
Ce dont on est sûr :
- les étirements ont un effet analgésique,
ils diminuent la sensation de douleur. Ils permettent donc
d’augmenter l’amplitude des
mouvements grâce à une diminution de la sensation
de tiraillement.
- Les étirements permettent de diminuer le comportement
visco-élastique du muscle et donc, dans une certaine
mesure, sa
réactivité et l’efficacité de
ses contractions.
- Les techniques utilisant le contracté-relâché
ont un effet analgésique encore plus important et
permettent donc d’accéder à une
flexibilité plus grande. Cette plus grande flexibilité
peut néanmoins conduire le muscle dans une zone de
plus grande fragilité.
Il semble donc nécessaire dans ce cas d’être
particulièrement vigilent quant aux sollicitations
à venir.
Ce que l’on a constaté sur le
terrain :
- la fatigue musculaire est le plus souvent accompagnée
de raideurs inhabituelles
- les courbatures conduisent le sportif à étirer
spontanément ses muscles endoloris
- la pratique régulière d’étirements
engendre des progrès qui sont réversibles
en cas d’inactivité.
- après une séquence d’étirements
assez longue favorisant un gain de flexibilité important,
le sportif n’est généralement
pas placé dans les meilleures conditions d’efficacité
pour produire un effort explosif.
- Des étirements réalisés en fin de
séance d’entraînement ont souvent un
effet bénéfique sur la récupération
à court et à long
terme.
Vers une explication empirique :
Le muscle aurait une longueur de fonctionnement optimale.
La fatigue comme le repos placeraient le muscle en deçà
de cette
longueur.( les objectifs poursuivis lors de l’échauffement
ou de la récupération trouveraient une justification
plausible).
Un important travail utilisant les techniques de contracté-relâché
peut amener le muscle au delà de cette longueur optimale.
Celle ci peut être augmentée durablement grâce
aux exercices de souplesse pratiqués régulièrement.
Conséquences pratiques :
A l’échauffement : pour augmenter la réactivité
et amener le muscle dans sa longueur de fonctionnement optimale,
les étirements
utilisant le contracté-relâché sur des
amplitudes moyennes et sur des temps assez courts seraient
plus adaptés. En outre ces
étirements seront suivis de mobilisations dynamiques.
En récupération :
certains exercices provoquent des microtraumatismes au niveau
des fibres musculaires. La fatigue raidit le muscle.
Les étirements seront donc doux et maintenus assez
longtemps.
Pour améliorer la souplesse :
répéter des exercices de contracté-relâché
pour aller vers l’amplitude maximale. Après
ce travail, les sollicitations devront être
modérées. Sur des muscles courbaturés,
ce type d’ exercice ne paraît pas indiqué.
En tout état de cause, la pratique
des étirements doit rester adaptée aux caractéristiques
de l’individu et aux exigences de
l’activité pratiquée.