Si ces deux termes sont associés avec
une évidence biblique, un certain nombre de données
nous amènent à prendre quelques distances
face à ce slogan. Il est vrai que la pratique du
sport est aujourd’hui un phénomène social
massivement installé.
Selon une étude du CREDOC en 1995, 68% des Français
déclaraient faire du sport de façon formelle,
mais aussi la plupart du temps de façon informelle
en dehors de toute structure. Au-delà de cet engouement
culturel, force est de constater que d’une certaine
manière le sport génère une pathologie
spécifique. Ainsi, la comparaison entre sportifs
et non sportifs laisse apparaître qu’avant 30
ans, les sportifs comptent plus d’absences au poste
de travail que les non sportifs.
Cette différence est à mettre sur le compte
des traumatismes sportifs. Une grande enquête sur
le coût de la casse sportive réalisée
en 1983 faisait état d’un montant de 2.43 milliards
de francs pris en charge par la sécurité sociale
ou les organismes complémentaires. En 1987, une enquête
menée dans 8 hôpitaux situait, dans la vie
courante, les accidents du sport en deuxième position
derrière les accidents domestiques.. ( JP KORALSZTEIN
La santé à l’épreuve du sport
Presses universitaires de Grenoble 1986) Une enquête
SOFRESde 1982 révélait que près de
8% des enfants de 6 à 14 ans ont eu un accident
au cours de leur pratique sportive dans les 12 derniers
mois.
Si tous les sports ne sont pas logés à la
même enseigne (Le football vient en tête avec
prés de 620 000 accidents par an, suivi par le ski)
le niveau d’investissement du sportif est aussi à
prendre en compte.
Pour JP KORALSZTEIN, il est possible de repérer 3
grandes catégories de sportifs qui présentent
des spécificités de plus en plus marquées
:
- les sportifs de haut niveau qui représentent une
minorité d’adolescents et de jeunes adultes.
Pour eux c’est l’inflation des charges de travail
au détriment du temps de récupération
qui est à l’origine d’un nombre non négligeable
de pathologies.
- Le sport de masse qui comporte les pratiquants licenciés
à une fédération. A ce niveau c’est
plus la qualité de la préparation, l’absence
d’évaluation du potentiel de l’individu
et son suivi préventif qui sont en cause.
- Le sport pour tous ou sport loisir qui regroupe les formes
de pratique occasionnelle ou régulière, qui
en général ne donnent pas lieu à des
compétitions et qui souvent sont réalisées
hors structures. Dans ce cas les blessures sont régulièrement
à mettre sur le compte d’auto-prescriptions
pour le moins hasardeuses. Ici encore c’est la connaissance
de soi et une espèce d’inculture du physique
qu’il faut peut être incriminer.
Nous pourrions ajouter à cette liste
ces anciens sportifs de haut niveau qui reprennent une activité
physique après une période de sédentarisation.
Vivant toujours sur leur narcissisme de 18 ans, ces anciens
compétiteurs se montrent complètement sourds
aux recommandations hygiéniques qui leur sont prodiguées
ou aux signaux d’alerte lancés par leur organisme
et qui se blessent faute d’avoir pris conscience que
leur corps a vieilli plus vite que leur tête.