La musculation spécifique trouve sa
place en fin de planification d’un programme de musculation,
après les cycles de musculation générale
de type foncier et de musculation multiforme orientée
au cours duquel on s’oriente progressivement vers
le geste de la discipline sportive. La recherche de la force
dans le mouvement de compétition constitue l’objectif
majeur avec une attention particulière à la
vitesse d’exécution.
La spécificité du travail sera alors l’élément
clé de l’efficacité de cette phase ultime
de la préparation.
Voici en quels termes comment cette spécificité
devrait s’exprimer :
- spécificité du mouvement ou de la posture
: travail alternatif ou simultané des segments, angles
dans lesquels la force doit être exprimée afin
de faire fonctionner au mieux les coordinations et les synergies
musculaires
- spécificité en fonction du régime
de contraction : les différents types de contractions
musculaires sont à prendre en compte :isométrique,
concentrique, excentrique. Dans la plupart des activités,
on rencontre des situations où une contraction concentrique
est précédée d’une contraction
excentrique. Il est donc intéressant de connaître
les apports respectifs du travail concentrique et excentrique
dans le cadre de la préparation spécifique.
Des travaux ont misen évidence que l’entraînement
concentrique provoque une augmentation de la force dès
le début du programme d’entraînement
pour ensuite plafonner très progressivement. Au contraire,
l’entraînement excentrique induit une diminution
initiale de la force (probablement suite à des micro-déchirues
provoquées par ce travail) pour ensuite engendrer
des améliorations régulières dans la
deuxième partie du programme. A la fin d’un
programme de 8 semaines, les gains en excentrique sont en
principe supérieurs, mais il apparaît une plus
grande raideur musculaire.
- spécificité en fonction de la charge :si
la vitesse n’est pas prise en compte, on distingue
en gros 2 zones d’entraînement :
les charges comprises entre 25% et 50% de 1RM servent principalement
au développement de l’endurance musculaire.
Les adaptations mises en place sont d’ordre métabolique.
Les charges comprises entre 60% et 100% de 1 RM servent
le développement de la force. Les adaptations mises
en place sont d’ordre nerveux puis structural(hypertrophie).
Si les charges sont mobilisées à vitesse maximale,
la force s’installe plus rapidement après un
travail explosif mais le gain en force maximale est limité.
Avec des charges lourdes (70%à 100%) la vitesse de
mise en tension n’est pas modifiée tandis que
la force maximale augmente de façon plus conséquente.
- spécificité par rapport a la vitesse :les
gains de force sont spécifiques des vitesses d’entraînement,
notamment en raison des adaptations de l’activité
nerveuse.
- spécificité en fonction du mode d’activation
: elle peut être volontaire ou déclenchée
par électrostimulation.
Aucune étude ne permet réellement d’affirmer
que l’une est supérieure à l’autre.
On suppose qu’un recrutement différent des
UM pourrait rendre compte d’adaptations spécifiques,
particulièrement à des niveaux de force sous-maximaux.
Lors d’une contraction volontaire on sait que l’ordre
de recrutement des UM se fait dans un ordre bien déterminé
: d’abord les UM lentes sont activées à
faible niveau de contraction, puis les UM rapides résistantes
à la fatigue et enfin les UM rapides et fatigables
au fur et à mesure que le niveau de sollicitation
s’élève. En electrostimulation, il semblerait
que ce soit le contraire.
Tout ceci nécessite donc une analyse
rigoureuse de la gestuelle et des actions spécifiques
des différents groupes musculaires dans la spécialité
préparée.