Appliquer
du froid sur une blessure ou un traumatisme est presque un
réflexe dans les milieux sportifs. Au-delà du
soulagement et de l’effet parfois « magique »
de l’éponge glacée, quels sont aujourd’hui
les mécanismes, les limites et les perspectives
de la cryothérapie.
Les effets positifs du froid :
Le froid est efficace en phase aiguë d’une blessure,
il favorise une diminution de l’hémorragie et
de l’œdème suite à un traumatisme.
L’application de glace provoque une vasoconstriction
des vaisseaux sanguins, le métabolisme cellulaire est
ralenti et l’on observe une baisse de la production
de déchets métaboliques et autres toxines. Le
froid protège les tissus des effets produits par la
réaction inflammatoire. Enfin l’abaissement de
la température provoque localement une sorte d’anesthésie
qui explique le soulagement ressenti lors du glaçage
de la partie endolorie.
Par contre, le froid n’est pas recommandé lors
d’inflammations chroniques.
Les effets secondaires du froid et les précautions
à prendre :
En premier lieu, il existe des risques d’engelures de
la peau et de lésions nerveuses superficielles lorsque
l’application de glace est trop prolongée ou
qu’elle se fait directement au contact de la peau. Il
convient d’utiliser un linge humide et de procéder
par glaçages successifs de 7 à 8 minutes. (Le
froid ne doit pas être appliqué directement sur
une plaie ouverte car la cicatrisation nécessite un
apport sanguin régulier.)
D’autre part, le froid ne doit pas être utilisé
trop longtemps après le traumatisme ou l’inflammation.
En effet, dans un second temps la zone endommagée a
besoin de nutriments pour travailler à sa reconstruction.
Le froid n’est donc plus approprié à ce
moment là.
Enfin, après l’application de glace, l’articulation
est plus raide, les mouvements perdent en précision
et en coordination, si bien que le sportif ne contrôle
plus complètement ses gestes. Reprendre son activité
à cet instant présente un risque de blessure
plus important.
Utilisation de la technique d’immersion partielle après
un effort très éprouvant :
Depuis quelques années, des sportifs de haut niveau
utilisent parfois cette technique pour mieux « encaisser
» les microtraumatismes engendrés par des séances
d’entraînement difficiles, notamment lors de séances
particulièrement longues, intenses et comportant une
quantité importante de contractions musculaires excentriques.
La technique consiste à immerger un ou plusieurs membres
(en général les membres inférieurs) dans
un mélange d’eau du robinet et de glace, la température
de l’eau se situant entre 2°et 10°. La durée
de l’immersion (qui est d’abord progressive) dépend
de la tolérance du sujet et de la température
de l’eau.
En général, on procède par une succession
d’immersions d’environ 30 secondes sur une durée
totale de 5’ à 10 minutes.
Ce procédé nécessite une grande motivation
et doit être utilisé que s’il est indispensable
d’accélérer les processus de récupération
lorsque la charge d’entraînement est très
importante. D’autre part, le sportif doit progressivement
tester ses réactions aux immersions en eaux froides
et s’entourer d’un certain nombre de précautions.
La première d’entres elles est de faire attention
à ne pas attraper froid. L’état de fatigue
avancé dans lequel se trouve le sportif après
un entraînement difficile le rend particulièrement
sensible et vulnérable. Si l’on a déjà
froid avant de rentrer dans l’eau,
ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Il est
aussi souhaitable d’abaisser la température de
l’eau progressivement, en rajoutant les glaçons
après s’être installé dans l’eau.
De plus il est préférable d’être
assisté lors d’un tel traitement.
Si par curiosité vous souhaitez essayer l’immersion
partielle en eau froide après une grosse fatigue (et
que vous n’avez pas de problème cardiaque), il
va sans dire que cela sera plus facile l’été.
Les sensations qui suivront seront appréciables, mais
serez-vous assez motivé pour recommencer en décembre
?
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