Pour de nombreux pratiquants, l’idée
selon laquelle « le niveau de performance est directement
lié au nombre d’heures d’entraînement
» accompagne souvent le sentiment de ne pas en faire
assez. Les entraîneurs savent depuis longtemps que
la réalité est plus complexe : la performance
est le produit de l’interaction de nombreux déterminants
dont la récupération.
Effets visés
Ils varient en fonction de la nature des activités
pratiquées et de leur environnement (ex. : musculation
en salle, course sur route, kayak…). Les effets visés
doivent être associés à différentes
durées, formes et moyens efficaces de récupération.
Il s’agit toujours de permettre la reprise de l’effort
dans de bonnes dispositions physiologiques et psychologiques.
Celles-ci correspondent le plus souvent à des valeurs
de repos ou post-échauffement.
Formes et moyens
La récupération pourra prendre plusieurs formes
: active ou passive, complète ou incomplète.
Les moyens de récupérer sont nombreux et variés
et peuvent être combinés.
Efforts de faible intensité
: Réalisés entre des séries
intenses ou en fin de séance, il s’agit de
prolonger l’effort, mais à faible intensité
en forçant la respiration. Le principe sous-jacent
est fondé sur deux phénomènes :
- la perfusion des muscles activés produisant un
effet d’élimination de l’acide lactique
et des déchets métaboliques,
- la re-synthèse du glycogène à partir
de l’acide lactique et de l’oxygène inspiré
(cycle de Cori).
Etirements : Discours très
controversé, les étirements réalisés
entre des séries intenses ou en fin de séance
favoriseraient la récupération par différents
effets :
- Un effet d’« essorage » : l’alternance
étirement-relâchement favoriserait la perfusion
des muscles et l’élimination de l’acide
lactique et des déchets métaboliques.
- Un effet sur la raideur active , en permettant d’abaisser
le tonus musculaire et d’améliorer l’amplitude
gestuelle réduite par la répétition
des gestes performants.
Douche froide vs douche chaude :
En cas de « surchauffe », la douche froide sur
les cuisses et les jambes, pendant quelques minutes, permet
un refroidissement de l’organisme. Le risque d’angine
est présent lorsque la douche froide est prolongée
ou appliquée sur la tête. Comme le sauna, la
douche chaude a un effet décontractant. Elle permet
également un réchauffement, par exemple si
le sportif a été exposé longtemps au
froid .
Sauna : En augmentant la
fréquence cardiaque, le sauna permet un drainage
sans surproduction de déchet métaboliques.
L’utilisation du sauna doit être ponctuelle
et de courte durée. L’eau éliminée
par sudation devra être remplacée.
Massage : Leur effet est
décontractant. Ils permettent également de
favoriser le drainage. On veillera à ne jamais masser
de partie dure (os). Pour éviter l’apparition
de varices, on massera toujours des extrémités
vers le cœur.
Electrostimulation : Elle
est parfois utilisée comme moyen de drainage, mais,
elle peut être avantageusement remplacée par
des massages et des étirements.
Alimentation & hydratation :
Pour assurer une bonne réhydratation, la consommation
d’eau ou de jus de fruits (riches en vitamines et
en potassium) se prolongera bien après l’arrêt
de l’effort. Le sportif disposera de six heures pour
« se recharger » efficacement en énergie
à partir de la consommation de glucides. La consommation
de protéines et autres dérivés (acides
aminés) n’est pas une urgence.
Sommeil : Le repos et en
particulier le sommeil restent les moyens de récupération
à privilégier. Ils représentant les
seuls moyens naturels de retrouver des valeurs d’équilibre
hormonal.
Conclusion
Pour l’entraîneur, la planification de phases
de récupération est une alternative à
un discours sans effet. La récupération devra
être gérée sur trois échelles
de temps : à court terme (d’une série
à la suivante), à moyen terme (d’une
séance à la suivante) et à long terme
(au cours d’une saison sportive).
Merci aux auteurs, dont R. ZIANE.