A l’instar de l’utilisation
du froid à la suite d’un traumatisme consécutif
à la pratique sportive, la chaleur peut aussi être
utilisée pour soigner à condition de respecter
certains principes et surtout de l’utiliser au bon
moment.
Selon la source de chaleur, l’élévation
de la température peut être superficielle ou
profonde. Dans le premier cas, seuls la peau et les tissus
sous-cutanés, jusqu’à une profondeur
de 0.5 centimètre sont touchés. Les sources
traditionnelles sont les baumes
analgésiques, les bains chauds, les bouillottes…
Dans le second cas, l’élévation
de température va concerner les tissus jusqu’à
une profondeur d’environ 3.5 centimètres. Les
sources qui permettent de tels effets sont celles que l’on
trouve chez les kinésithérapeutes (ultrasons,
micro et ondes courtes).
Les effets physiologiques de la chaleur
:
L’élévation de la température
des tissus du corporel entraîne :
- Un soulagement de la douleur.
- Une vasodilatation des vaisseaux périphériques
essentiellement et un drainage des toxines favorisant ainsi
une action anti-inflammatoire.
- Une augmentation du métabolisme des cellules.
- Une augmentation de l’extensibilité des tissus
fibreux, un soulagement des spasmes et un relâchement
des tensions qui alimentent la douleur.
Principal effet sur la lésion :
Appliquée au bon moment, la chaleur favorise une
accélération du mécanisme de guérison
car elle aide à réparer les tissus notamment
grâce à la vasodilatation qui permet un apport
sanguin supplémentaire rendant ainsi disponible une
plus grande quantité d’oxygène, d’éléments
nutritifs, d’anticorps et de cellules macrophages
au niveau de la lésion
(grosses cellules qui absorbent les cellules mortes).
Les effets nuisibles de la chaleur :
L’utilisation inconsidérée de la chaleur
peut aussi provoquer :
- une augmentation du phénomène inflammatoire
et du saignement dans la phase aiguë de la lésion
(les 2 premiers jours)
- un raidissement de l’articulation (ankylose articulaire)
en raison de l’augmentation de l’activité
métabolique des cellules de la membrane synoviale
et du tissu conjonctif.
- la dégradation de certains tissus comme les cartilages
qui tolèrent très mal une élévation
de leur température de base.
- l’apparition d’un œdème : en effet
la vasodilatation veineuse peut contribuer à perturber
la circulation du sang, surtout si la chaleur est appliquée
sur une jambe ou un bras pendant.
- des brûlures qui varient selon les tissus et la
vascularisation de ceux-ci (moins le tissu est vascularisé,
plus l’évacuation de chaleur est difficile
et donc plus rapide est l’élévation
de la température).
Comment utiliser la chaleur :
Au final, l’utilisation de la chaleur doit se faire
dans un certain confort en appliquant la source chaude sur
la zone à soigner sans pression. Il est nécessaire
de s’assurer de la préservation de la sensibilité
cutanée et de respecter le principe de non-douleur
(45° maximum) tout en contrôlant l’état
de la peau de temps en temps.
La chaleur est plutôt recommandée sur les lésions
musculaires dans un second temps, après la phase
aiguë de la lésion c’est à dire
au bout de 3 ou 4 jours.
Les effets bénéfiques de la chaleur s’expliquent
aussi par des facteurs psychologiques. Le sentiment de bien
être qu’elle procure a des effets indéniables.