Pour être efficaces, les étirements
doivent être réalisés selon certains
principes fondés sur des réflexes musculaires.
Quels sont ces réflexes à prendre en compte
et les principes à appliquer pour s’étirer
efficacement ?
Le réflexe myotatique :
Lorsqu’un muscle est étiré violement,
la stimulation des fuseaux-neuro-musculaires induit une
contraction par voie réflexe.
Ainsi : « … ne jamais s’étirer
par à-coups, secousses ou jusqu’à la
douleur » permet d’éviter un raccourcissement
du muscle par contraction réflexe. Cet effet serait
le contraire de celui visé : un allongement par relâchement-étirement.
Ceci remet en question l’efficacité des étirements
dynamiques (mouvements lancés).
Le réflexe myotatique inversé :
Lorsqu’un muscle est étiré doucement,
la faible stimulation de récepteurs appelés
organes tendineux de Golgi , induit un relâchement
réflexe.
Aussi : « … la force d’étirements
doit être suffisamment faible pour ne pas provoquer
de contraction mais quand même suffisamment élevée
pour induire un relâchement ». Il s’agit
alors de se laisser plus ou moins entraîner vers le
sol en contrôlant le relâchement musculaire.
Ce principe fonde la méthode des étirements
statiques passifs générés par la force
de gravité.
Le réflexe d’inhibition
réciproque :
La contraction d’un muscle induit un relâchement
réflexe de son antagoniste.
Réciproquement : « … pour faciliter l’étirement
d’un muscle, on peut contracter son antagoniste ».
C’est sur ce principe que s’appuie la méthode
d’étirements statiques actifs.
Le réflexe d’inhibition
post-isométrique :
La contraction statique et d’intensité modérée
d’un muscle, durant quelques secondes, induit un relâchement
accentué.
Ainsi : « Un muscle se laisse mieux étirer
s’il a été préalablement contracté
». Ce principe est celui de la méthode PNF
, consistant à réaliser des séries
de contraction-relâchement-étirement.
La boucle gamma :
Les réflexes cités plus haut sont tous exclusivement
médullaires ; c’est-à-dire qu’ils
passent par la moelle épinière sans implication
du cerveau.
La boucle gamma est un circuit de neurones qui passe par
le cerveau. Ce circuit permet de réguler la sensibilité
du réflexe myotatique et par conséquent la
tension et la raideur des muscles au repos. L’utilisation
de ce circuit est fortement favorisé par des expirations
forcées.
Conclusion :
En pratique, la finesse du « dosage » de la
force d’étirement nécessite de concentrer
toute son attention sur cette seule activité. Les
durées de maintien des postures varient, selon les
auteurs et les méthodes : de 6 à 45 secondes.
Certains obtiennent un étirement maximum avec une
seule série.
Merci aux auteurs, dont R. ZIANE.