Ces
deux qualités physiques fondamentales sont apparemment
contradictoires, surtout si l’on envisage l’endurance
au sens
restreint du terme, c’est-à-dire assimilée
aux épreuves sollicitant principalement la filière
aérobie (du 3000m au marathon).
On peut, en effet, s’interroger sur l’utilité
d’un travail de musculation développant la force
chez un coureur de demi fond ou autre
cycliste. Un tel travail n’ expose-t-il pas à
terme à une modification de la typologie musculaire,
conduisant à une augmentation du
pourcentage de fibres rapides et à une diminution du
pourcentage des fibres lentes ? Ne risque-t-il pas en augmentant
sa masse
musculaire de prendre du poids, de rendre plus difficile l’oxygénation
cellulaire , et d’être finalement moins efficace
?
Après un bref aperçu des connaissances physiologiques
sur ces questions, je vous propose les résultats de
travaux
expérimentaux réalisés par des chercheurs
Finlandais sur ce thème.
Les conséquences d’une augmentation de la
masse musculaire :
- L’augmentation du diamètre des fibres musculaires
accroît la distance que doit parcourir l’O2
pour arriver jusqu’aux
mitochondries.
- Un entraînement à faible vitesse induit à
long terme un accroissement du pourcentage de fibres lentes.
L’inverse semble
beaucoup plus difficile à obtenir. Un entraînement
en force ne diminue pas le nombre de fibres lentes.
- Un travail avec des charges lourdes et avec peu de séries
permet de gagner en force sans prendre de volume.
Les travaux des chercheurs Finlandais :
L’ étude consistait à réduire
de 30% l’entraînement en endurance chez des
skieurs de fond de bon niveau et de le remplacer par
un entraînement en force de type explosif. Au bout
de 6 semaines les performances aérobies n’avaient
pas diminué alors que la
puissance musculaire s’était considérablement
accrue. Le même type de travail a été
réalisé avec des coureurs d’orientation.
Au bout de 9 semaines le groupe qui s’entraînait
en force et en endurance avait plus nettement amélioré
son temps sur 5 km que
le groupe qui faisait 100% de travail aérobie.
Interprétation, explications :
Le travail en force améliore le potentiel anaérobie,
ce qui est un atout indéniable en fin de course ou
lors de changements
d’allures ( côtes pour les cyclistes)
Le travail de force diminue le coût énergétique
du déplacement chez les coureurs, notamment grâce
à une diminution du temps
de contact du pied au sol.
Conclusion :
Si la musculation peut apporter un plus au coureur de demi
fond, un certain nombre de précautions doivent être
prises afin de ne
pas blesser le sportif :
- travail de préparation physique général
au préalable
- augmentation très progressive de la charge de travail
- qualité du placement et choix des exercices
- choix des procédés pour de pas augmenter
la masse musculaire
- valider le travail par une utilisation motrice spécifique
en fin de séance
- ce travail doit évidemment rester complémentaire