Le
discours des années 80, sur les effets induits par
les étirements, résiste t-il aux expériences
plus récentes ?
L’effet mécanique
Un gain d’amplitude, temporaire, serait induit par
une diminution des forces de frottement entre les plans
musculo-aponévrotiques . Cette explication est remise
en question. En effet, il a été montré
que ce type de gain d’amplitude est du à un
effet analgésique : une augmentation de la tolérance
à l’étirement !
L’effet vasculaire
Un drainage des muscles serait induit par l’alternance
de compressions et de relâchement des fibres étirées
puis relâchées. Ceci permettrait de favoriser
la récupération par :
- l’élimination des « déchets
» et de l’acide lactique produits à l’effort,
- un apport de nutriments et d’oxygène,
- la diminution des douleurs du (sur)lendemain.
Avec ou sans étirement les muscles sont perfusés.
Sans étirement, l’acide lactique est éliminé
en une heure et ne peut donc pas être une cause de
douleurs du (sur)lendemain. Ces douleurs seraient dues à
des microlésions des aponévroses, des arrachements
des têtes de myosine. Dans ces cas, les étirements
pourraient avoir un effet contreproductif.
L’effet thermique
Une augmentation de la température du muscle serait
induite par un apport de sang chaud.
Or, pour éviter une déchirure musculaire,
les étirements sont presque toujours réalisés
après un échauffement dynamique de faible
intensité (course, ergo cycle ou rameur). C’est
le cas, en particulier, pour une activité en extérieur
et en hiver. Dans ces conditions, les fibres musculaires
seraient plus « cassantes ». Ainsi, l’augmentation
de la température obtenue par les étirements
n’est pas significative.
L’effet sur la raideur active
Les étirements permettraient de réduire la
raideur active : Il s’agit, selon Michèle Esnault,
d’une sorte de « pré-étirement
automatique de groupes musculaires préparés
à une fonction particulière : le geste performant
». Les étirements provoquent un relâchement
musculaire. Ils agiraient ainsi sur la raideur active en
restaurant l'amplitude limitée par la répétition
de gestes techniques. Cet effet, intéressant en fin
de séance, a été observé. Par
contre, en début de séance ; il est dans certains
cas plus intéressant de chercher à conserver
voire d’augmenter la raideur musculaire.
Effet de prévention des blessures
En allongeant les muscles, les étirements réduiraient
les tensions à l’effort ! Ainsi, les muscles
et les tendons seraient moins sollicités et les risques
de blessure seraient diminués. Cependant, pour s’opposer
à une charge donnée un muscle doit toujours
produire une même tension. Il a été
montré que les étirements actifs réalisés
en début de séance n’avaient pas d’effet
significatif sur la prévention des blessures.
Conclusion
Le discours spéculatif des années 80 sur les
effets induits par les étirements, ne résiste
pas aux expériences récentes. Actuellement,
deux effets induits par les étirements sont reconnus
:
1. Une chute du tonus musculaire, accompagnée d’une
plus grande difficulté à contracter les muscles.
2. Une diminution de la raideur, accompagnée d’une
facilité à l’allongement.
Aussi, les étirements ne doivent pas être
placés en début de séance car ils diminuent
la force et la puissance. Par contre, placés en fin
de séance, ils favorisent la récupération
en diminuant les fortes tensions résiduelles induites
par l’entraînement.
Enfin, par des séances qui leurs sont consacrées,
les étirements permettraient une amélioration
de la souplesse active et passive voire favoriseraient la
force et la puissance.
Merci aux auteurs, dont R. ZIANE.