Ce
n’est pas parce que vous vous êtes étiré
longuement et consciencieusement durant votre échauffement
que vous
serez fin prêt pour l’effort et que vous vous
mettrez à l’abri des blessures, bien au contraire.
Je sais qu’en disant cela je risque d’en surprendre
quelques-uns uns mais c’est la réalité.
On sait aujourd’hui que les
étirements peuvent avoir un effet analgésiant
dans la mesure où ils autorisent des amplitudes de
mouvement qui sont
incompatibles avec la souplesse fonctionnelle d’un muscle
ou d’un groupe musculaire.
En d’autres termes on pourrait interpréter la
raideur comme une mesure de sauvegarde du muscle face à
ses
possibilités d’allongement. .On connaît
aussi des techniques qui permettent un relâchement substantiel
du tonus
musculaire et qui autorisent donc des gains d’amplitudes
spectaculaires mais aphysiologiques. Ainsi des étirements
inadaptés à l’échauffement peuvent
engendrer une impression de jambes " cotonneuses "
au moment de passer à
l’action. Une technique mal utilisée peut-être
source de blessures ou de contre-performance.
Voici donc en substance ce qui faut retenir :
a.)Étirements pour s’échauffer : étirements
activo-dynamiques
Il s’agit de la combinaison d’un allongement
musculaire( inférieur aux possibilités maximales)
avec une contraction statique
( 6 à 8 sec) suivi immédiatement de petits
exercices dynamiques qui sollicitent les groupes musculaires
qui viennent d’être
mobilisés. (étirer, contracter, mobiliser)
2 fois pour chaque chaîne musculaire en position debout
exclusivement
b.) Étirements pour s’assouplir : étirements
activo-passifs
Il existe plusieurs techniques pour relâcher le tonus
musculaire : contracté-relâché (réflexe
myotatique inversé), contraction
du muscle antagoniste (réflexe d’inhibition
réciproque), expiration profonde, chaleur, décontraction(circuit
de la Boucle
Gamma pour inhiber le réflexe myotatique)
Ce type d’étirements est donc à pratiquer
au chaud, installer dans des positions confortables(assis,
couché) en s’efforçant
de se relâcher mentalement et en contrôlant
sa respiration. Il convient de garder chaque pause au moins
30 sec et de
reprendre les mêmes pauses plusieurs fois de suite.
A la suite de ce travail, il ne doit pas y avoir d’exercice
dynamique.
Pour progresser en souplesse il faut faire ce travail régulièrement,
les progrès sont lents et la régression rapide
(étirer longuement en utilisant les techniques de
relâchement du tonus musculaire pendant l’étirement,
recommencer 3 ou 4
fois en essayant de gagner un peu d’amplitude chaque
fois)
c.) Étirements pour récupérer : étirements
passifs
Les contractions musculaires ont tendance à raccourcir
les muscles. Les étirements de récupération
sont donc destinés à
rééquilibrer les tensions, retrouver les longueurs
musculaires perdues, accélérer le flux circulatoire
veineux de retour.
Les étirements passifs sont lents, longs(25-30sec)
et essentiellement réaliser à partir de la
pesanteur (passif. Ils se pratiquent
en fin de séance après un petit travail aérobie,
ils durent 10 à 15 minutes, chaque étirement
est effectué 2 fois.
Pour en savoir plus : Guide des étirements du sportif
C GEOFFROY