Un muscle ou un groupe musculaire peut
réaliser des déplacements simples et uniformes
à des intensités très élevées.
Dans ce cas la contraction musculaire provoque une action
dans une seule direction sans aléa quant au pilotage
et à la stabilisation du mouvement.
Mais la gestuelle peut être plus complexe et nécessiter
la mise en jeu coordonnée de plusieurs groupes musculaires.
Dans ce cas, si les intensités des contractions musculaires
sont généralement moins importantes, l’efficacité
de l’individu dans la réalisation de ce genre
de tâches dépend en grande partie de sa capacité
à synchroniser et organiser la participation de ces
différents groupes musculaires afin de réaliser
cette action plus subtile.
Et puis le mouvement peut être aléatoire,
notamment lorsque l’individu doit gérer des
situations de déséquilibres. Ici il s’agit
de contrôler, de moduler l’intensité
des contractions en fonction de la perception et de la gestion
d’une situation d’instabilité afin de
créer de la stabilité. Si le niveau de vigilance
doit être important, les intensités le sont
moins et la fatigue s’installe plus rapidement. La
maîtrise aidant, la gestuelle peut ensuite devenir
de plus en plus élaborée. L’individu
devra organiser le pilotage du mouvement par la mise en
jeu modulée au service du maintien de son équilibre.
Pour nous, cette forme de travail
présente plusieurs avantages :
Ces situations sont généralement
plus motivantes car elles font appel à la vigilance
adaptative.
La charge de travail est moins importante
limitant ainsi les risques de traumatisme.
L’affinement des perceptions proprioceptives et le
renforcement des capacités de stabilisation articulaire
jouent un rôle particulièrement important dans
la prévention des entorses.
Apprendre à gérer une situation
de déséquilibre lors d’un mouvement
complexe est une compétence fondamentale dans de
nombreuses activités physiques et sportives.
L’individu aiguise la perception
de son schéma corporel et enrichi ses possibilités
d’apprentissage moteur.
Le gainage :
On sait que le gainage est souvent pointé
comme le maillon faible de la chaîne dans beaucoup
de gestes sportifs. De la solidité de ce gainage
pelvien dépend en effet la transmission efficace
des forces produites par les membres inférieurs mais
aussi la protection du dos du sportif. Pour autant, un gainage
ne doit pas être figé. En effet de nombreuses
tâches s’appuient tantôt sur des fixations
tantôt sur des relâchements autorisant une dissociation
entre le haut et le bas du corps.
Construire une motricité élaborée par
la préparation physique, c’est rendre le bassin
disponible au verrouillage dynamique ou au relâchement
dissociant, en fonction des exigences des situations motrices.