Il s’agit ici d’interroger les
influences de l’effort physique sur les performances
cognitives d’un individu (perception et traitement
de l’information, décision et action). Cette
problématique est fondamentale notamment pour les
sports collectifs, les activités individuelles et
toutes celles qui se déroulent dans un environnement
instable (kayak en eau vive par exemple).
Plus largement encore, dès qu’il est question
d’acquisitions techniques, il peut être intéressant
de connaître les effets de différents niveaux
d’activation physique par rapport à l’efficacité
de l’apprentissage.
L’étude de ces phénomènes
n’est pas simple car elle met en perspective deux
champs disciplinaires : la physiologie de l’exercice
et la psychologie cognitive. Jusqu’alors les travaux
sur le sujet proposaient des résultats contradictoires.
Pour certains l’effort physique avait plutôt
tendance à détériorer les performances
cognitives, alors que pour d’autres, c’était
l’inverse. Plus récemment des thèses
sur cette problématique nous proposent des conclusions
plus fines et plus nuancées.
Ainsi en 1999, René ARCELIN met en évidence
qu’au-delà de 5 minutes l’effort physique
diminue le temps de réaction mais que les choix sont
effectués plus vite lorsque l’organisme est
en état d’activation sous maximale.
En 2001, Maya COLLARDEAU valide l’hypothèse
selon laquelle un exercice physique situé entre 40%
et 80% de VO2max engendre une élévation du
niveau d’activation du système nerveux central
qui ainsi exerce une influence bénéfique sur
l’efficacité des processus de traitement de
l’information ( particulièrement pour les taches
décisionnelles).
Au-dessus de 80% de VO2 max cependant, la fatigue détériore
la performance motrice.
Ces travaux apportent donc des éléments pour
l’amélioration de la performance dans les activités
où les réponses cognitives du sujet doivent
être efficaces, malgré une dépense énergétique
importante. Ils mettent en lumière les bienfaits
d’une activation optimale avant les apprentissages
techniques. Ils nous confortent aussi quant à l’importance
du niveau de condition physique (aptitude aérobie
particulièrement) et à l’importance
d’un apport glucidique au cours de l’exercice
par rapport à l’amélioration de cette
performance cognitive.