Dans
la première phase de la puberté (11-13 ans pour
les filles et 13-15 ans pour les garçons), on assiste
à une importante poussée de croissance. Cette
croissance s’achèvera lorsque les cartilages
de conjugaison (cartilages épiphysaires) seront ossifiés,
c’est à dire, généralement 2 à
3 ans après la puberté. Parfois on observe des
décalages par rapport à ce développement
dit normal (différence entre l’âge chronologique
et l’âge biologique). Certains sujets ont un développement
précoce, d’autres tardif . Les diverses parties
du squelette subissent une poussée de croissance à
des moments différents :
les pieds et les mains d’abord puis les jambes et avant-bras
puis les cuisses et les bras. On appelle ce phénomène
la loi de la croissance centripète.
La croissance met en jeu un métabolisme de construction
qui élève le métabolisme de base et qui
peut diminuer la capacité à faire un effort.
Les besoins en vitamines, minéraux et aliments sont
augmentés, particulièrement pour les protéines.
La capacité de l’appareil osseux, tendineux et
ligamentaire à supporter un effort est un facteur limitatif
dans l’entraînement de l’enfant et de l’adolescent,
car les structures du système locomoteur passif sont
en pleine croissance et n’ont pas encore la résistance
de celles des adultes. Cependant dans l’ensemble, on
constate qu’un effort sous maximal, adapté à
la croissance, diversifié, ne sollicitant pas unilatéralement
l’appareil locomoteur, représente un stimulus
approprié tant pour la croissance que pour l’amélioration
des structures passives (os, cartilages, tendons, ligaments).
Néanmoins, les adaptations de ces structures étant
plus lentes que pour les structures musculaires, il est fondamental
de respecter une progression rigoureuse dans le dosage de
la charge de travail, et d’observer des temps de récupération
suffisants entre les entraînements.
Lors de cette phase de développement, l’enfant
est sujet à une activité hormonale importante.
La différenciation entre les filles et les garçons
s’opère sur le plan morphologique.
L’ensemble de ces modifications brutales est déstabilisant
sur bien des points. La précision du contrôle
gestuel diminue et sur le plan psychique, les intérêts
sportifs peuvent être remis en cause.
Pourtant cette première phase de la puberté
représente la période où l’entraînabilité
des déterminants de la condition physique est maximale.
Ces données nouvelles exigent une orientation correspondante
de l’entraînement dans les limites énoncées
ci-dessus.
Dans la deuxième phase de la puberté (13 à
17-18 ans pour les filles et 14 à 18-19 ans pour les
garçons) on observe un ralentissement de tous les paramètres
de la croissance et du développement. La rapide croissance
en longueur est remplacée par une croissance plus marquée
en largeur. Les proportions s’harmonisent et facilitent
l’amélioration des coordinations.
Ce nouvel équilibre, tant physique que psychique, la
maturation intellectuelle et l’affinement de la capacité
d’observation font de l’adolescence un deuxième
âge d’or de l’apprentissage. L’augmentation
de la capacité physique et psychique permettant de
supporter de plus grandes charges d’entraînement
et la grande plasticité du système nerveux central,
typique de toute la période de croissance, permettent
de soutenir un entraînement volumineux et intense.
L’adolescence doit être la période privilégiée
pour le perfectionnement de la technique et pour l’acquisition
de toutes les qualités physiques spécifiques
à une discipline sportive.
Conséquences pratiques et projet à
long terme :
Les différentes étapes du développement
de l’enfant présentent des caractéristiques
identifiées qui devraient orienter le contenu des entraînements.
La phase de pré-puberté doit être consacrée
avant tout à l’amélioration de la capacité
de coordination et à l’extension du répertoire
moteur. Durant la première phase de la puberté,
c’est la condition physique qui doit être privilégiée
alors que dans la seconde phase de la puberté (adolescence),
l’entraînement peut progressivement prendre un
caractère plus spécifique à la fois sur
le plan technique et physique. Cependant, il faut préciser
que la technique et la condition physique doivent être
développées parallèlement tout en gardant
à l’esprit qu’il peut y avoir une prédominance
de l’une par rapport à l’autre, selon les
objectifs de l’entraînement.
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