Définition et
fonctionnement :
L’endurance de force est la capacité du sportif
à pouvoir maintenir un certain pourcentage de sa
force maximale (exercice isométrique), ou un bien
pouvoir répéter un pourcentage donné
de sa force maximale(exercice dynamique).
Lors de la contraction, le muscle ne se contracte pas entièrement.
A un même instant, il y a à la fois des fibres
activées qui sont en train de se contracter, et des
fibres au repos. En fait, les fibres travaillent en alternance.
Au bout d’un certain temps d’exercice, pour
pouvoir continuer à délivrer une même
force, le muscle doit effectuer 2 types de recrutements
:
- recruter les fibres de plus en plus souvent
- recruter un nombre plus élevé de fibres
en même temps.
Ce phénomène a des limites qui coïncident
avec l’apparition de la fatigue musculaire qui apparaît
pour des causes différentes suivant la durée
de l’exercice.
Pour les exercices demandant une intensité de contraction
musculaire importante, un grand nombre de fibres se contractent
simultanément dès le début de l’exercice.
La fatigue va donc s’installer très vite car
il y a peu de fibres au repos.
Après leur participation à la contraction
musculaire, les fibres ont peu de temps pour se recharger
en ATP et CP et pour éliminer les toxines gênant
la contraction. Pour les exercices de faibles intensités,
chaque contraction va demander un pourcentage plus faible
de fibres musculaires simultanément en action. Les
fibres auront donc plus de temps pour
« récupérer » pendant que les
fibres voisines sont actives.
L’aspect
métabolique de l’endurance de force :
1) Pour les efforts de brèves durées,
les substrats immédiatement disponibles sont l’ATP
et la PC. Dès le début de l’exercice,
des processus de resynthèse de l’ATP se mettent
en œuvre par la voie de la glycolyse anaérobie.
Par contre, les toxines accumulées au cours de l’effort
augmentent de façon très rapide avec notamment
le pH intra-musculaire
qui baisse. C’est beaucoup plus cette baisse du pH
que l’acide lactique qui ralentit la glycolyse anaérobie
et constitue un frein à la resynthèse d’ATP.
L’incapacité à maintenir le même
niveau de contraction musculaire correspond à la
limite de l’endurance de force.
2) Pour les efforts de longues durées,
on observe aussi des limites d’endurance de force
spécifiques. Cependant la difficulté à
maintenir un certain niveau de contraction musculaire serait
plutôt liée à l’épuisement
des réserves énergétiques, notamment
le glycogène musculaire et hépatique par la
voie essentiellement de la glycolyse.
3) Pour les sports dits « intermédiaires
» se caractérisant par des exigences énergétiques
mixtes, il convient de développer la capacité
à resynthétiser rapidement l’ATP et
la CP. La glycolyse y participe pour une part, mais lors
d’une succession de sprints, la baisse du pH intramusculaire
est un frein à la contraction musculaire. Il convient
donc de développer
des systèmes tampons pour faire remonter le pH ;
c’est l’objectif poursuivi lors d’une
séance de capacité lactique par un travail
fractionné.
4) Lorsque l’effort est d’intensité
croissante, il y a une première zone qui est aérobie.
La fibre musculaire se contracte en utilisant l’ATP
fournie par un mélange lipides-glucides qui évolue
vers une utilisation exclusive des glucides.
Puis, après une période de transition, le
métabolisme de type anaérobie devient prépondérant.
La glycolyse aérobie fonctionne de façon importante,
mais la glycolyse anaérobie intervient de façon
croissante pour resynthétiser plus d’ATP .
C’est cette glycolyse anaérobie qui va entraîner
l’accumulation de lactate et la diminution du pH,
responsable ici de l’endurance de force.