L’ amélioration de la force
musculaire est un déterminant essentiel de la pratique
compétitive. Si la programmation de la musculation
doit respecter un certain nombre d’étapes,
l’entraîneur est souvent en quête des
moyens les plus efficients et les moins traumatisants .
Dans cette perspective, le choix des exercices et des méthodes
doit se faire en toute connaissance de leurs avantages et
inconvénients respectifs.
Ainsi, les exercices réalisés aux appareils
de musculation permettent d’utiliser presque toutes
les méthodes de musculation (léger, lourd,
explosif …). La posture stabilisée grâce
à la conception de l’appareil élimine
potentiellement certains risques. Il est possible de cibler
le travail sur des groupes musculaires précis. En
contre partie, le mouvement est limité, souvent linéaire
et sollicite faiblement les muscles posturaux. Cette forme
de travail est presque sans effet sur la stabilisation des
articulations. En effet le mouvement est assuré par
la mise en jeu coordonnée de groupes musculaires
agonistes et antagonistes. C’est la mise en jeu synergique
de ces deux groupes musculaires qui assurent le verrouillage
de l’articulation. Le travail isolé de l’un
puis de l’autre, n’active pas cette fonction.
D’ autre part les exercices réalisés
aux appareils ne développent ni les habiletés
motrices, ni le sens de l’équilibre.
Les exercices avec haltères sont plus efficaces.
Ils sollicitent les muscles posturaux ainsi que les coordinations
intra et intermusculaires. Ils nécessitent toutefois
une parfaite maîtrise des placements et des techniques
propres.( Un mouvement non contrôlé peut
être à l’origine de blessures. ). Pour
autant, le mouvement linéaire de la charge ne permet
de développer la force que dans une seule direction.
Dans un cas comme dans l’autre, il convient donc
de compléter ces formes de musculation traditionnelles
par des procédés alternatifs sollicitant
le contrôle postural , les chaînes musculaires
dans une gestuelle plus spécifique, et permettant
l’acquisition d’un nombre important d’habiletés
motrices.
Pour cela, pendant longtemps, certains entraîneurs
ont utilisé des sacs remplis de sable. Les stimulations
provoquées par la manipulation de ces sacs permettaient
en outre de réduire considérablement les
charges soulevées. Ainsi un athlète capable
d’effectuer 10fois 80kg à l’arraché
avec une barre ne pouvait pas effectuer plus de 10fois
40kg avec un sac à poignées.
Mais face aux contraintes engendrées par le transport
et le stockage de ce type de matériel, Jan POSPISIL
( entraîneur entre autre du recordman du monde du
javelot) a décidé de remplacer le sable
par de l’eau. En plus de l’élimination
des problèmes évoqués, cette évolution
a apporté de nouvelles possibilités jusqu’alors
inespérées. Lorsque le sac est entièrement
rempli d’eau, la charge provoque une grande activation
musculaire avec d’importantes exigences de coordination
et d’équilibre, les poignées mobiles
changent les niveaux d’intervention et d’activation,
il est possible d’effectuer une multitude d’exercices.
Lorsque le sac est partiellement rempli d’eau, la
forme est maintenue par de l’air ( gonflée
à la bouche). Le travail avec cet engin sollicite
des forces qui doivent non seulement résister au
poids de l’eau, mais surtout vaincre les forces
d’inertie de cette charge constamment mouvante.(
déplacement de l’eau lors du mouvement).
De plus les propriétés physiques de l’eau
en mouvement dans une enveloppe fermée permettent
d’utiliser les principes de la pliométrie
dans une gamme d’exercices beaucoup plus large tout
en éliminant le risque de blessure.